Malgré d'abondantes ressources naturelles telles que le gaz naturel, le pétrole, l'or, l'argent et le cuivre, la majorité de la population vit dans la pauvreté. L'économie est contrôlée par l'État, les initiatives privées sont quasi inexistantes et les investisseurs sont méfiants. L'agriculture, en particulier la culture du coton, joue un rôle central. Sous le régime de Karimov, la population, y compris les enfants et les étudiants, était systématiquement contrainte de participer à la récolte du coton. Ce travail forcé imposé par l'État a été aboli après 2016, une avancée confirmée par des organisations internationales. Le secteur reste toutefois vulnérable à l'exploitation et aux conditions de travail précaires. En raison du manque d'emplois, de nombreux Ouzbeks émigrent vers le Kazakhstan, la Russie ou la Turquie.
La liberté religieuse est fortement restreinte : seuls les groupes enregistrés auprès de l'État sont autorisés à exercer leurs activités, tandis que les chrétiens et les musulmans non enregistrés subissent des discriminations. La population est composée à 89 % de musulmans sunnites et à 8 % de chrétiens orthodoxes, auxquels s'ajoutent des groupes religieux minoritaires.
La traite des êtres humains et le travail forcé sont largement répandus. Les hommes sont recrutés pour de grands chantiers, des champs pétrolifères ou pour travailler à l'étranger, tandis que les femmes sont souvent poussées à la prostitution. Des rapports font état de ventes de nourrissons, et les jeunes filles sont fréquemment mariées avant l'âge de 18 ans, parfois envoyées en Corée du Sud. La pauvreté, le contrôle étatique et les libertés limitées favorisent ces formes d'exploitation.
Malgré son potentiel lié aux ressources naturelles, sa situation stratégique et son importance historique, l'Ouzbékistan reste lourdement grevé sur les plans économique et social. La population est confrontée à un manque de perspectives, au contrôle de l'État et à des discriminations systémiques, ce qui crée également un terrain propice à la radicalisation.