Plus de 50 % du territoire se situe à plus de 3000 mètres d'altitude et de nombreux villages sont isolés pendant des mois en hiver. Les infrastructures, l'approvisionnement en électricité et les écoles sont insuffisants ; la pénurie d'enseignants et la vétusté des bâtiments aggravent les lacunes éducatives. Les femmes assument la majeure partie des tâches ménagères et de l'éducation des enfants, surtout lorsque le mari travaille à l'étranger. Les enfants souffrent de malnutrition et de carences alimentaires, et beaucoup ne sont pas scolarisés.
La traite des êtres humains et l'exploitation sont répandues, et les mesures étatiques pour les combattre sont inefficaces. La corruption entrave les enquêtes et l'aide aux victimes est insuffisante. Plus de 90 % de la population est musulmane, tandis que les chrétiens ne représentent qu'environ 1 à 3 %. La liberté religieuse est fortement restreinte : seules les communautés enregistrées auprès de l'État sont autorisées, les enfants ne sont pas autorisés à participer à des cultes non enregistrés et l'éducation religieuse au sein de la famille est strictement réglementée.
Le Tadjikistan a été marqué historiquement par la collectivisation, les déplacements de population, les purges politiques, l'athéisme et l'industrialisation durant l'ère soviétique. Après l'indépendance en 1991, le pays a connu une guerre civile de sept ans qui a fait 60 000 victimes.
Malgré une situation difficile, le Tadjikistan offre un certain potentiel : la chaîne du Pamir, avec ses hauts sommets et ses plantes rares, reste largement inexploitée sur le plan touristique. Des projets d'infrastructure, tels que la construction du plus grand barrage du monde et l'exploitation du charbon, sont en partie mis en œuvre dans le cadre de l'initiative chinoise « la Ceinture et la Route », ce qui pourrait profiter à l'économie du pays, mais le rend également plus dépendant de la Chine.
La pauvreté, une politique restrictive, la limitation de la liberté religieuse, la traite des êtres humains et les conditions géographiques extrêmes marquent le quotidien des Tadjiks, tandis que les opportunités touristiques et économiques restent jusqu'à présent largement inexploitées.