Les Roms sont victimes d'une discrimination systématique : beaucoup vivent dans des bidonvilles, ont un accès limité à l'éducation et aux soins de santé, et sont discriminés dans leur recherche d'emploi et de logement. La pauvreté les rend particulièrement vulnérables à la traite des êtres humains. Des enfants issus de familles roms, mais aussi d'autres milieux défavorisés, sont emmenés à l'étranger où ils sont contraints de mendier, de voler ou de travailler comme domestiques. Des réseaux criminels en tirent d'importants profits, la justice intervient rarement, et les victimes ainsi que leurs familles sont intimidées.
Les femmes roumaines sont également victimes d'exploitation : en quête d'emplois bien rémunérés en Europe occidentale, beaucoup sont forcées de se prostituer. Le problème s'étend parfois jusqu'en Suisse. La combinaison de la pauvreté, de la corruption, du manque d'application des lois et de la discrimination fait de la Roumanie l'un des principaux pays concernés par la traite des êtres humains et l'exploitation en Europe.
La Roumanie est tiraillée entre son appartenance à l'UE et des problèmes sociaux profondément enracinés : la migration, le manque de perspectives pour la jeunesse, l'inégalité des chances pour les minorités ethniques et l'exploitation structurelle marquent le quotidien de nombreuses personnes. Les inégalités sociales, associées à la faiblesse économique du pays, constituent le terreau de violations systématiques des droits humains, en particulier à l'encontre des enfants et des femmes.